J’ai grandi en banlieue et j’ai choisi Montréal… pour mes enfants!

Anne-Marie Coron a grandi à Pointe-Claire. Son conjoint, Sébastien Chalifour, à Mont-Saint-Hilaire. Leurs quatre enfants, âgés de 6 mois à 8 ans, vivent leur enfance dans un duplex du quartier Rosemont, à Montréal.
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Un jeune garçon se promène à vélo dans une ruelle sous l’œil attentif de son père.

«  Nos parents croient qu’on est fous ! lance en riant Anne-Marie. Ils trouvent que c’est très petit chez nous, qu’on est tassés.  »

Mais ce que la famille perd en espace, elle le gagne en temps, selon la mère de famille.

«  On est plus souvent ensemble, parce que le temps perdu en déplacement est réduit au minimum  », résume Anne-Marie. Outre la proximité du travail, il y a celle des services. Piscine, bibliothèque, école, parc… tout est à 5 minutes de marche, peut-être 10 minutes au rythme des petites jambes du dernier bambin.

Une situation pratique, bien entendu, mais aussi très formatrice pour les enfants explique Anne-Marie : «  Cela développe une grande autonomie des enfants. Ils sont capables de se rendre à plusieurs endroits seuls : tout est proche ! Même Arnaud (3 ans) pourra bientôt aller au dépanneur comme un grand… c’est carrément à 5 portes ! »

Ne pas être dépendant de la voiture est une grande aide pour conjuguer la vie de famille nombreuse, selon Anne-Marie. Il n’est pas question de trimballer en voiture toute la marmaille en mode parent-taxi dès qu’un enfant a un cours de karaté ou une activité à la bibliothèque…


Mon quartier, mon village

Un autre avantage d’habiter Montréal selon les Coron-Chalifour : la ruelle.

«  Les enfants y jouent après l’école et en soirée. C’est tout près. On y connaît les autres enfants et les autres parents, et on s’échange la surveillance  », partage Anne-Marie Coron.

«  Nos enfants ont beaucoup, beaucoup, beaucoup d’amis. Il y a toujours un copain avec qui jouer dans la ruelle  », ajoute la mère de famille.

«  Mon mari dit qu’il retrouve la banlieue de son enfance en ville. Dans notre temps, on allait au parc tout seul en vélo en banlieue… maintenant, on a peur de tout, tout le monde se cloisonne dans sa cour  », déplore Anne-Marie.

«  La ville, c’est la banlieue des années 1980 !  » ajoute-t-elle en souriant.

Famille de Rosemont

Deux parents et quatre enfants dans une ruelle de Rosemont.
Source : 
Photo: Alexandre Campeau-Vallée


Une maison plus petite, mais pour être plus proche

Quant aux enfants qui partagent leur chambre, c'est loin d’être un problème pour la petite famille : «  Ils ne voudraient même pas avoir leur chambre : ils veulent être ensemble !  »

Le gros hic ? Le sympathique bordel d’un espace dans lequel cohabitent quatre enfants et deux adultes.

«  On ne peut pas recréer notre maison d’enfance en ville : l’espace manque ! Ici, c’est sûr que si on s’assoit pour regarder la télévision, on va tomber sur un jouet !  » conclut-elle.

Mais un jouet dûment choisi ! C’est que vivre dans plus petit enclenche nécessairement un processus de simplification bien en vogue : exit le superflu et l’accumulation au quotidien.

« Ici, on fait surtout preuve de créativité dans l’organisation de l’espace, dit Anne-Marie. Par exemple, l’armoire à jouets est sous l’escalier et le bureau d’ordinateur…dans une ancienne garde-robe !  On ferme les portes et le bordel disparaît : magie ! »


Le temps en famille, d’abord

 «  Coquet »: c’est le mot qu’emploierait Andrée-Anne Nadeau pour décrire son appartement situé dans un bloc locatif qu’elle partage avec son conjoint, Jean-Philippe Denis, et leurs fils de 4 ans, Émile.

«  Coqueron serait plus juste, précise-t-elle d’un ton amusé. C’est petit, mais on est proche de tout et ce n’est pas trop cher. On est en train de mettre de côté de l’argent pour acheter dans Rosemont ou dans Villeray.  »

Ce petit nid n’est pas cher payé pour la famille qui adore sa vie de quartier et qui, surtout, souhaite passer le plus de temps possible en famille plutôt que dans le trafic.

«  On peut se déplacer partout en vélo, les parcs grouillent de vie – et d’amis pour Émile – , puis les propriétaires des commerces de proximité nous connaissent tous  », se réjouit Andrée-Anne, qui a grandi en banlieue de Québec.

Loin d’être impersonnelle, la ville a un côté humain qui plaît à la travailleuse sociale et à sa petite famille. Se sentir chez soi au-delà de ses quatre murs, quoi!

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