Montréal, mythes et réalité

La vérité sur la vie à Montréal : Comment départager les mythes de la réalité.
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Enfants jouant au Lac des castors dans le parc du Mont-Royal.

Dans l’éternelle rivalité qui oppose les partisans de Montréal et ceux de ses banlieues, une foule de mythes circulent au sujet de la ville. Mais comment départager le vrai du faux ? Eh bien, nous avons résolu de remettre une fois pour toutes les pendules à l’heure quant à certaines rumeurs concernant la métropole. Allons-y.     

Mythe #1 : Montréal, c’est le centre-ville

Le centre-ville de Montréal, qui abrite le quartier des affaires, est attrayant et dynamique. Mais il ne représente qu’un seul des très nombreux visages de la ville. Les dix-neuf arrondissements de Montréal regorgent de paysages variés, allant du très urbain au très bucolique. Montréal, c’est une foule de petits quartiers où des jeunes familles mènent agréablement une vie proche de tout. C’est la tranquillité de quartiers résidentiels aérés où il fait bon se promener, et qu’on atteint facilement à vélo ou en transport en commun. C’est le confort d’un condo au cœur d’un quartier urbain où bourdonne une activité culturelle vibrante. C’est un éventail de marchés publics et de marchés de quartier où nous attendent au fil des saisons les produits les plus frais. Montréal, c’est aussi une montagne, des grands parcs avec des plans d’eau, des boisés, les rives du fleuve… autant de lieux privilégiés en plein cœur de la ville pour faire le plein de nature et de calme. Non, Montréal, ce n’est pas que le centre-ville !

Mythe #2 : Il n’y a pas de vie de quartier à Montréal

Montréal est née du regroupement de nombreux villages, chacun ayant son propre « centre-ville » pour desservir la population locale. Nombre de ces noyaux villageois subsistent toujours et sont devenus le cœur des quartiers de Montréal. Les rues Monkland, Fleury, Masson, Décarie, Wellington ou encore le boulevard Mont-Royal, voilà autant de carrefours autour desquels s’articule une vraie vie de quartier. Les gens des rues environnantes s’y croisent pour y faire leurs courses, à pied ou à vélo, y casser la croûte, profiter des services de proximité ou simplement prendre un café pour faire un brin de causette avec les voisins. Ici, pas besoin de longs déplacements en voiture pour trouver un village urbain !

Mythe #3 : Montréal est dangereuse, ce n’est pas un endroit pour élever une famille

On entend parfois que Montréal n’est pas un endroit sûr pour élever des enfants. En fait, Montréal est l’une des grandes villes les plus sécuritaires en Amérique du Nord. Selon le Service de police de la Ville de Montréal, la criminalité a diminué de 29 % à Montréal au cours des 10 dernières années et de 42 % depuis 15 ans. Cette diminution est d’ailleurs plus importante que les moyennes canadienne et québécoise. Par ailleurs, un article du magazine Maclean’s révèle que Montréal se classe au 24e rang des villes ou régions canadiennes les plus dangereuses, bien loin derrière des endroits beaucoup moins peuplés qu’elle.

Mythe #4 : Montréal, c’est trop cher

Selon une étude récente du Groupe de Recherche Interdisciplinaire sur le Développement Durable du HEC Montréal intitulée « Les coûts réels de l’automobile, un enjeu mal perçu par les consommateurs et les institutions », plusieurs coûts directs et indirects de l’automobile sont négligés par les ménages lors du choix d’une maison.

« Selon des scénarios typiques, les coûts réels varient entre 9 900$ et 23 000$ par auto, par année, sans tenir compte des subventions gouvernementales. Les ménages ont tendance à considérer uniquement les coûts de l’habitat. Il faut plutôt considérer le total des dépenses d’habitat et de transport. Si un ménage choisit une localisation qui lui évite l’achat d’un véhicule supplémentaire, il peut se permettre d’acheter une maison d’un prix plus élevé de 200 000$. Les ménages ne sont pas les seuls à sous-évaluer les dépenses en transport. Lorsque les banques décident d’attribuer une hypothèque, la nécessité d’acquérir des véhicules supplémentaires n’est pas considérée. »

Mythe #5 : Montréal, c’est une ville sale et polluée

Montréal prend la qualité de l’environnement très au sérieux. Dans cette optique, elle s’est dotée d’un plan de développement durable qui vise notamment l’amélioration de la qualité de l’air et la réduction des émissions de gaz à effet de serre ainsi qu’une meilleure protection de la biodiversité, des milieux naturels et des espaces verts. Le plan comporte des objectifs quantifiés et des actions très précises pour les atteindre. Un exemple : Montréal veut faire passer la canopée – la projection au sol du couvert des arbres – de 20 à 25 % d’ici 2025 par rapport à 2007. L’augmentation de la canopée, en plus d’accroître la quantité de végétaux et de favoriser l’infiltration de l’eau de pluie, contribue à filtrer l’air et à réduire les îlots de chaleur dans la ville.  

Dans le même ordre d’idées, une étude française intitulée Localisation de l’habitat et pratiques de déplacements proposée par la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports a observé les pratiques de déplacement de ménages ayant quitté la banlieue pour un centre urbain. Elle a permis de démontrer que, même si le nombre de déplacements quotidiens reste stable, leur longueur moyenne baisse de façon marquée (de 9 à 6 km). L’utilisation de l’automobile diminue également de 38 %, surtout au profit de la marche, ce qui amène une forte réduction de la consommation annuelle de carburant (de 474 litres à 298) et des émissions de gaz à effet de serre des ménages (- 35 %). Vivre en ville plutôt qu’en banlieue, c’est donc une solution écologique qui contribue à diminuer la pollution.